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27 février 2017

C'est de la pure, c'est de la blanche... idéologie éditoriale actuelle

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J’ai acheté et lu La septième fonction du langage, de Laurent Binet chez Grasset, sur la foi d’une critique louangeuse de Busnel dans LGL, qui a titillé la curiosité de l’étudiante en linguistique que j’étais dans les années 70. J’ai certainement dilapidé 22 € quand j’aurais pu, avec un peu de patience, satisfaire ma curiosité en dégotant ce bouquin chez un soldeur ou chez Emmaüs pour une bouchée de pain.

Ce texte pourrait se définir comme un exercice d’atelier d’écriture dont la contrainte résiderait dans la transformation de vrais intellos de l’époque en personnages de fiction, se vautrant dans le stupre et d’obscures spéculations linguistiques. Autre consigne : des phrases au présent, jetées comme des indications de scénario, en une succession de courts paragraphes : « Foucault débarque (…) Foucault demande des nouvelles(…) Foucault prend Derrida à part (…) Foucault dit qu’il n’aurait pas fait une chose pareille (…) »

L’astuce du siècle consiste à injecter au goutte-à-goutte un certain suspens ‒ absolument indispensable pour faire passer les bourratives digressions : un mystérieux document disparait, dont veulent s’emparer un espion bulgare avec son pébroque, deux moustachus à la Dupondt et les membres de la secte des coupeurs de doigts, le Logos club, où sont organisées des joutes verbales dont les perdants sont amputés !

L’auteur se marrait peut-être en échafaudant son petit scénario à la Tintin, mais la caricature et la dérision, ça va un moment ‒  dans une BD peut-être mais pas en littérature ‒ tout ça pour découvrir à la fin que si Mitterrand (ben, l’homme du secret, pardi !) a été élu en 81 et réélu, c’est qu’il était en possession du fameux document-mystère ! Et vous savez quoi ? Il s’agit de la septième fonction du langage, qui n’est autre que la technique de la manipulation verbale…

Je vous laisse digérer cette trouvaille.

J’avoue que j’ai failli abandonner la lecture de cette œuvre géniale sélectionnée pour le Goncourt,  après cet extrait, page 439 : « Le sophiste au bec de médecin cale les couilles de Sollers entre les deux lames du sécateur, empoigne fermement les poignées, à deux mains, actionne le mouvement de cisaille. Et coupe.

Kristeva tressaille.

Sollers émet un bruit inconnu, un claquement de gorge suivi d’un long miaulement qui ricoche sur les toiles de maîtres et se répand dans toute la salle.

Le sophiste au bec de médecin ramasse les deux couilles et les dépose dans la seconde urne dont Simon et Bayard comprennent alors qu’elle a été prévue à cet effet.

Simon livide, demande à son voisin : « C’est pas un doigt, le tarif, normalement ? »

L’homme lui répond que c’est un doigt quand on défie un jouteur d’un rang juste au-dessus, mais Sollers a voulu brûler les étapes, il n’avait jamais participé à aucune joute et il a défié directement le Grand Protagoras. « Alors là, c’est plus cher. »

Peut-être Binet envoie-t-il des messages subliminaux… et ça plaît rive gauche.
D'ailleurs, Fabienne Pascaud dans Télérama encense "Un irrésistible thriller": "On aime passionnément"

Et devinez qui est l'auteur ? (source Wikipedia)

"En contact avec Valérie Trierweiler qui lui avait consacré un article dans Paris Match du 16 octobre 2010 où elle le qualifiait de « beau gosse agrégé de lettres », il chronique la campagne présidentielle de François Hollande. Le récit de la campagne, intitulé Rien ne se passe comme prévu sort le . Laurent Binet y indique notamment qu’après avoir été tenté par le vote Mélenchon, il a fini par se laisser convaincre et par soutenir François Hollande dès le premier tour. D'après L'Express du 21 décembre 2012, le livre n'a pas eu le succès escompté et s'est vendu à 23 000 exemplaires seulement.

En 2014, il dément les rumeurs selon lesquelles il aurait aidé Valérie Trierweiler à écrire son pamphlet contre François Hollande Merci pour ce moment5,6.

Il publie La Septième Fonction du langage à la rentrée littéraire 2015, un roman imaginant un complot autour de la mort de Roland Barthes qui reçoit le prix du roman Fnac et le prix Interallié7."

11:15 Écrit par Claudine dans bizarreries, Ce qui ne me plaît pas, Livre, publications | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |

20 février 2017

La mystérieuse affaire de styles

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Litt’ikea ou La mystérieuse affaire de styles (1)

Parmi les best-sellers, nous trouvons des fictions réalisées selon des méthodes conçues pour produire des émotions et l’irrésistible envie de tourner la page.

Je propose de nommer "litt’ikea" cette littérature de genre désormais décomplexée, contraction de "littérature" avec "Ikea" sur le modèle de "Chick lit" (romans pour les poulettes) ou de la "pop lit’" (récits inspirés des people).

La "litt’ikea" désigne ces romans qui ont les caractéristiques des marchandises distribuées par les magasins suédois : appréciés de toutes les strates de la population (du peuple aux élites), au goût du jour, parfois inspirés des styles anciens sans la qualité du savoir-faire artisanal,  faciles à lire et à monter soi-même ("page-turner").

La litt’ikea est sous-tendue par une fine connaissance du cerveau humain et de ses réactions reptiliennes. Nous sommes en effet auto-manipulés par nos propres émotions, nos hormones, nos manques, nos désirs, nos peurs et nos déprimes, et les éditeurs qui promeuvent ce type de littérature ont compris que nous sommes prêts à payer assez cher pour nous immerger dans un récit qui touche nos cordes sensibles, quasi addictes, sans être regardant sur la qualité.

Notre quotient émotionnel prend le pas sur notre éventuelle exigence de style pour satisfaire notre besoin de fiction, nous identifier aux personnages et avancer dans la lecture, en suivant avec délice le labyrinthe du scénario, à l’image du dédale qui relie les expositions tentatrices Ikea.  Par ailleurs, nous gravissons les degrés du suspens, comme nous grimpons une colline, que notre curiosité rend "facile à monter" pour découvrir le paysage qui s’étend au-delà.

Au début du phénomène, la litt’ikea s’est formée sur le tas, de façon pragmatique. Découvrant que certains bouquins, les "page-turner", s’arrachaient comme des petits pains et confortaient leur chiffre d’affaires, le monde de l’édition s’est mis en quête d’auteurs doués pour la produire, comme Ikea fait fabriquer ses meubles par des sous-traitants.

Ces "auteurs sous-traitants" pondent des pavés au dictaphone, qu’ils couchent parfois  eux-mêmes sur le papier mais confient le plus souvent à des rédacteurs-nègres attachés aux maisons d’édition ‒ ce qui les place ces auteurs (et non plus écrivains) dans une tradition orale.

Technologie oblige, pléthore de petits malins jouant aux apprentis éditeurs, misent sur  les talents d’inconnus, comme on parie à la loterie, en espérant qu’un fondu d’écriture assez niais pour se laisser piéger  ponde un best-seller à leur profit. Les sites dits "d’autoédition" ont fleuri, prêts à empocher la mise. Et pour justifier leur rôle d’intermédiaire inutile dans l’autoédition, il jouent la carte de conseils en écriture, encourageant les auteurs en herbe à écrire ce qui "marche", ce qui se "vend le mieux",  à produire de la litt’ikea.

Le site « Envie d’écrire » explique comment écrire un best-seller :

Si vous décidez d’écrire un best-seller, voici quelques éléments sur lesquels vous avez tout intérêt à vous concentrer :
Essayez d’utiliser beaucoup plus de personnages que la normale (environ 30% de plus par roman).
Essayez de vous concentrer davantage sur vos personnages et leurs actions
Essayez d’utiliser plus de dialogues, environ 50% de plus que vous le feriez normalement.
Essayez de vous concentrer sur les thèmes suivants :
– Police et loi (enquêter, fusil, tuer, fusiller, dossier, avocat, témoignage)
– Technologie (téléphone, photo, téléphone portable, SMS, programme, scan, appareil photo, écran…)
– Mots exprimant un conflit (problème, défi)
– Expressions faciales (hochement de tête, froncement de sourcils, soupir, sourire, clignotement)
– Les actions simples (saisir, déchirer, étouffer, sonner, trembler, écraser, tirer, obtenir)
– Des adverbe exprimant une grande certitude (absolument, totalement, surtout)
– Des curiosités : joli, café, douches, porches

Et voilà ce qu’il faut éviter si vous voulez que votre roman soit un best-seller :
Essayez d’éviter d’utiliser des phrases de plus de 11 mots en moyenne.
Essayez d’éviter de trop souligner les mots renvoyant à des choses au lieu des noms propres renvoyant aux personnages.  (oubliez complètement les abstractions).
Essayez également d’éviter d’utiliser des mots autour des conjonctions.
Certains des modèles grammaticaux les plus populaires de la littérature sérieuse impliquent des noms, des adjectifs, des prépositions et des déterminants (comme tous, quelques-uns, ceci).

Essayez également d’éviter notamment les thèmes suivants :
Émotions complexes (honte, pleurs, pitié, abandon)
Nostalgie (enfants, enfance, mères, pères)
Nature (mer, hiver, arbres, désert, branches, montagnes, printemps, nuages)
Imagination (faire semblant, imaginer, rêver)

 

Mais le style littéraire, dans tout ça ?

Ce sera le sujet du deuxième volet de cette chronique : « La mystérieuse affaire de Styles ». J’emprunte à Agatha Christie ce titre qui, en français, donne un véritable jeu de mot, tandis qu’il devrait se traduire littéralement par « La mystérieuse affaire à Styles », Styles étant un lieu.

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Dans ce titre français du premier roman écrit par la reine du crime en 1917 (publié aux Etats-Unis en 1920,  en Angleterre en 1921 et en France en 1932) socle initial de toute sa production littéraire, j’aime le glissement sémantique qui le rend symbolique de son œuvre, évoquant ce qui est impalpable, ardu à définir, mais nécessaire et  indispensable à la pérennité d’une œuvre : son style.

16:24 Écrit par Claudine dans langue, langage, les petits secrets de Polycarpe, littérature, Livre, roman policier | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |

14 janvier 2017

Vente mensuelle des "Polycarpe" sur Amazon

la lecture livre_numerique.jpg

ebooks, mystère cosy, polar, Polycarpe

A l'attention des lecteurs et lectrices qui ont acheté ces romans :
quelques secrets de Polycarpe sont sur ce blog
(voir les "pages" colonne de droite)

 

19:39 Écrit par Claudine dans e-book, Livre, publications, roman policier | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |

21 novembre 2016

les dessins de Van Gogh et le coup éditorial du seuil, suite...

faux tableaux, van gogh, Criminelles,

Tiens, comme c'est bizarre ! Suite du post précédent...

Lu dans Livre Hebdo : "Le musée néerlandais dédié au célèbre peintre impressionniste juge que les dessins publiés par Le Seuil sont des faux."

  Évidemment que c'est un "coup" éditorial !
Je suis toujours extrêmement surprise du déni d'imposture répandu dans la population qui se bouche les yeux comme le vieil homme de Van Gogh.

Idem pour écrivains prétendument auteurs d'un livre par mois... durant trente ans ! Qui peut croire ça ? Alice au pays des merveilles, peut-être ?
La pensée magique, le désir de contes résiste à la logique et au raisonnement ; Finalement, c'est un peu ça que je démontre dans mes "Polycarpe" : mon cher Poly ne peut s'empêcher de dénoncer le déni d’imposture, qui est l'alibi du crime.

* * *

Suite de l'enquête, article trouvé dans Livre hebdo aujourd'hui 7 décembre:

"le musée liste plusieurs points factuels concernant l'encre utilisée, la technique, le style, la provenance et la fiabilité du carnet. Concernant l'encre utilisée, le musée fait par exemple remarquer qu'elle est marron, alors que Van Gogh utilisait surtout une encre noire, mais décolorée avec le temps, ainsi qu'il peut être constaté sur les dessins authentifiés, ce que l'auteur du carnet aurait voulu reproduire en ignorant cette particularité. Le musée relève aussi des erreurs topographiques, s'interroge sur la reconstitution de la chronologie des dessins, et met en doute l'authenticité d'un carnet de notes utilisé pour retracer l'origine des dessins."



 

 

 

 

08 novembre 2016

Polar sur Loire : Razzia sur les Polycarpe...

Un salon réussi, beaucoup de monde, beaucoup de livres vendus, ambiance chaleureuse.
On recommencera !

Claudine Chollet, Polycarpe, salon, dédicace

avant l'ouverture...

et pendant...

polar sur loire (13 sur 55).jpg

 

En post cast, tous les interviews d'auteurs sur le site de Radio Active :

http://radioactivefm.fr/emissions/article/polar-sur-loire

 

10:32 Écrit par Claudine dans association, littérature, Livre, roman policier, salons et dédicaces | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |

27 septembre 2016

Papier ou numérique ?

Livre papier ou livre numérique, ça se discute pas, ça coexiste, ça répond à des attentes différentes.

Mais de mon point de vue de romancière rétive (à la chaîne du livre qui enchaîne l’auteur), le numérique c’est la LIBERTÉ ! Une super putain de liberté !

livres numériques, Amazon, Kobo, Série policière cosy

L’écrivain de talent qui n’a pas la carte de journaliste, pas de parent dans l’édition ou dans la politique, c’est cuit pour lui… enfin, c’était, au grand dam d’Editor qui n’a plus le pouvoir totalitaire de fabriquer sa Créature, de la manipuler et de la lobotomiser.

Ce petit coup de patte au passage, juste pour le plaisir, juste pour dire que tous mes livres, refusés par les putains de distributeurs et les putains de libraires (exception : Cultura qui les a référencés) se vendent comme des petits pains sur les sites en ligne au prix maxi de 6,99 €… principalement sur Amazon et Kobo en e-pub...

 

 

 

 

18:13 Écrit par Claudine dans e-book, littérature, Livre, publications, roman policier | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |

27 décembre 2015

Ventes numériques des Polycarpe : super !!!

Commentaires de mon distributeur  : "c’est un vrai succès !"

ebooks, ventes numériques, Polycarpe, Amazon, Kob-Fnac,Numilog

(Prix de vente : 7 €)

Relevé des ventes numériques* pour les Polycarpe, depuis mai 2015 :


Polycarpe - Le vieux logis  :   848 ventes
Polycarpe - Le pigeon noir  :  138 ventes 
Polycarpe - Le nègre en chemise : 112 ventes
Polycarpe - Le nombre d'or   :  100 ventes 
Polycarpe - Le crime de River House : 97 ventes
Polycarpe - Cœur de bœuf    : 87  ventes

(les lecteurs remontent progressivement la série)

*Cela n’inclut pas les ventes de novembre sur Amazon et Kobo/Fnac,
ni les ventes de décembre sur Apple, Amazon et Kobo/Fnac.

19:43 Écrit par Claudine dans bibliothèques, médiathèques, e-book, littérature, Livre, publications, roman policier | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |

03 décembre 2015

Tout frais sorti de l'imprimerie :"Un jour en été", Tutti Quanti 2015, 16 €

littérature, short storiesExtrait 1 :

Quelle idée, aussi, de revenir, si longtemps après. Qu’espérait-il ? Découvrir que rien n’a changé ? Qu’il a rêvé ce qui est arrivé ? Qu’il pourrait faire comme si rien ne s’était passé, sauf du temps ? Du temps qui, en passant, aurait effacé toute cette histoire. ? Ou bien a-t-il été conduit malgré lui, n’espérant rien ?
Il n’arrive pas à décider s’il va monter dès cet après-midi au mas ou dormir la nuit sous le frêne. Il est terrifié à l’idée de revoir sa mère. Le reconnaîtra-t-elle seulement, si changé, remodelé par le désespoir ? Il aurait dû la prévenir. Il ne peut décemment pas arriver comme ça et dire : « c’est moi, Steph », comme s’il vivait auprès d’eux, au mas, depuis toujours.
Combien de fois pourtant a-t-il imaginé ce retour ? Sans jamais penser qu’au dernier moment il calerait, les tripes nouées.
Il manque d’air et le bruit de l’eau s’amplifie, résonne dans sa tête, l’empêche de penser. Il retourne s’asseoir dans l’ombre du frêne. Par une trouée du feuillage, il fixe le ciel dont l’éclat brûle ses paupières.
Pourtant il avait si bien réussi à se convaincre avec le temps qu’elle ne pensait pas tout à fait ce qu’elle avait crié dans la douleur, qu’elle le regrettait au fond d’elle-même, qu’elle l’avait trop aimé pour le maudire à jamais. Maintenant, il n’est plus sûr.
Il veut lui dire que pour Robin, ce n’est pas sa faute. Que c’est l’Autre. Celui que Lucilia appelait Roulio.

Extrait 2 :

La dame rose a l'air d'une jolie carafe à long col fermée d'un bouchon à facettes. Sa poitrine fait une parabole évasée des épaules à sa taille menue et rigide. Elle porte une guimpe blanche à col montant dont la broderie fronce sous le menton en forme de coupe. Des mèches claires virevoltent autour de son front et de ses oreilles à lobes longs. Ses cheveux sont coiffés en rouleaux gonflants. Elle émet un demi-sourire en feuille de saule et ses yeux ronds brillent d’un double point de lumière, entre des paupières enfantines et plissées.
Il y a de la fraîcheur dans ce portrait colorié mais un petit quelque chose – l'arrondi de la poitrine, la guimpe, le tombant des épaules ? – investit la jeunesse du modèle d’une maturité surannée. Elle est assise légèrement de biais devant un écran bleu, traversé de brumes factices, qui forme maintenant un fond brouillé qu'entame un disque de moisi. Aucune souffrance n’altère l’expression du regard qui se résigne, avec impudence, au bonheur.

 

 

 

10:23 Écrit par Claudine dans bibliothèques, médiathèques, littérature, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |

19 novembre 2015

"Polycarpe, Le Vieux Logis" : e-book à 0,99 €

NOUVELLE OFFRE ECLAIR AMAZON

du 25 au 5 janvier inclus

EUR 0,99

Réservée aux meilleures ventes 2015

 Polycarpe,le vieux logis,e-book,offre éclair,Amazon,

Polycarpe - Le vieux logis (Format numérique)
par Claudine Chollet

Lien vers les 13 commentaires  [authentiques et non de complaisance ;-)] : ICI

Un des commentaires : « Quelques heures de pur bonheur, quel homme charmant ce Polycarpe, j'ai eu beaucoup de plaisir en m'invitant chez lui et aussi de faire la connaissance avec tous ses amis dans ce charmant village de Provence. Merci Claudine Chollet pour ce délicieux roman. »

5,0 sur 5 étoiles
Parliliponpon
le 19 septembre 2015
Achat vérifié

 

 

 

15:11 Écrit par Claudine dans e-book, littérature, Livre, Loisirs, publications, roman policier | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |

14 novembre 2015

Nouvelle impression et nouveau format de POLYCARPE

le nègre en chemise, Polycarpe,roman policier

 
Et, pour commencer, le 3ème volume, en rupture de stock...
Vous trouverez un "Avant-propos de l’auteur" :

  Ce troisième volume de la série des Polycarpe est le seul à afficher des lettrines au commencement de chaque chapitre.
  Cette fantaisie typographique constitue un indice dans cette fiction : les initiales majuscules des chapitres mises bout à bout dévoilent en effet une phrase-mystère.
  Mais quand bien même vous déchiffreriez cette phrase, elle ne dévoilera son secret qu’à la toute fin du livre, je ne vais quand même pas vous priver du délicieux frisson du suspense.
  Ce procédé, par ailleurs enchâssé dans l’enquête, met notre cher Polycarpe sur la piste du criminel.
  La construction en abyme de cette fiction n’a d’autre objectif que de vous intriguer en lui conférant du relief : un nègre littéraire écrit Le Nègre en chemise (le roman dans le roman que vous allez lire) au profit de l’auteure officielle, en gloire sur les plateaux télé ‒ miroir de la réalité.  
  Amies lectrices, chers lecteurs, cette affaire de lettrines n’est qu’un artifice ludique parmi d’autres techniques romanesques, dans cette comédie policière whodunit qui porte sur nous autres humains un regard un tantinet sarcastique. 
  Croyez-moi, ce Polycarpe va vous distraire.

18 octobre 2015

En cette période de prix littéraires, c’est l’occasion d’une brève de blog…

marché du livre, grands écrivains, ostracisme

Depuis cette rentrée, je ne peux plus regarder la Grande Librairie, sur la 5. On retrouve les mêmes auteurs bankables, je me suis fait avoir en achetant le dernier Nothomb et la septième fonction du langage de Binet (voir mon post du 25 septembre « dérivation illocutoire »). En revanche, mon libraire ne s’est pas fait avoir, lui.

À toutes les époques la littérature a eu ses imposteurs : l’imposture vient de ce que le marché du livre prétend faire commerce de littérature, quand il ne s’agit que de produits à la mode et périssables. Parfois plaisants à lire, j’en conviens, quoique vite oubliés. Des marchands, des idéologues et des snobs s’enrichissent d’un système éditorial et journalistique qui gère les livres comme un produit frais à jeter avant le prochain arrivage.

Depuis toujours, les vrais romanciers ont dû se démarquer de la contrefaçon littéraire, persévérer et s’accrocher malgré le mépris des précédents. Portés par l’évidence de leur vocation et le dessein ambitieux de représenter notre Humanité à la fois piteuse et grandiose, ils ont laissé nombres préfaces et bien des prolégomènes révélateurs de leurs batailles pour surmonter les critiques péjoratives de leurs contemporains ou pire, l’oubli et la transparence dans lesquels ils étaient tenus.

Préfaces célèbres en suivant ce lien :

http://ldm.phm.free.fr/Oeuvres/PrefacesXIX.htm

18:51 Écrit par Claudine dans Ce qui ne me plaît pas, discussion, littérature, Livre, publications | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |

23 septembre 2015

Dérivation illocutoire !

critique littéraire, nouveautés, livres, rentrée littéraire

J’ai acheté La septième fonction du langage*,  sur la foi d’une critique louangeuse de Busnel dans LGL, interpellée par le pitch  titillant l’étudiante en linguistique que j’étais dans les années 70. J’ai ainsi stupidement dilapidé 22 € quand j’aurais pu, avec un peu de patience, satisfaire ma curiosité en dégotant ce bouquin chez un soldeur ou chez Emmaüs pour une bouchée de pain.

Ce texte pourrait se définir comme un exercice d’atelier d’écriture dont la contrainte résiderait dans la transformation de vrais intellos de l’époque en personnages de fiction, se vautrant dans le stupre et d’obscures spéculations linguistiques. Autre consigne : des phrases au présent, jetées comme des indications de scénario, en une succession de courts paragraphes : « Foucault débarque (…) Foucault demande des nouvelles(…) Foucault prend Derrida à part (…) Foucault dit qu’il n’aurait pas fait une chose pareille (…) »

L’astuce du siècle consiste à injecter au goutte-à-goutte un certain suspens ‒ absolument indispensable pour faire passer les bourratives digressions : un mystérieux document disparait, dont veulent s’emparer un espion bulgare avec son pébroque, deux moustachus à la Dupondt et les membres de la secte des coupeurs de doigts, le Logos club, où sont organisées des joutes verbales dont les perdants sont amputés !

L’auteur se marrait peut-être en échafaudant son petit scénario à la Tintin, mais la caricature et la dérision, ça va un moment ‒  dans une BD peut-être mais pas en littérature ‒ tout ça pour découvrir à la fin que si Mitterrand (ben, l’homme du secret, pardi !) a été élu en 81 et réélu, c’est qu’il était en possession du fameux document-mystère ! Et vous savez quoi ? Il s’agit de la septième fonction du langage, qui n’est autre que la technique de la manipulation verbale…

Je vous laisse digérer cette trouvaille.

J’avoue que j’ai failli abandonner la lecture de cette œuvre géniale sélectionnée pour le Goncourt,  après cet extrait, page 439 : « Le sophiste au bec de médecin cale les couilles de Sollers entre les deux lames du sécateur, empoigne fermement les poignées, à deux mains, actionne le mouvement de cisaille. Et coupe.

Kristeva tressaille.

Sollers émet un bruit inconnu, un claquement de gorge suivi d’un long miaulement qui ricoche sur les toiles de maîtres et se répand dans toute la salle.

Le sophiste au bec de médecin ramasse les deux couilles et les dépose dans la seconde urne dont Simon et Bayard comprennent alors qu’elle a été prévue à cet effet.

Simon livide, demande à son voisin : « C’est pas un doigt, le tarif, normalement ? »

L’homme lui répond que c’est un doigt quand on défie un jouteur d’un rang juste au-dessus, mais Sollers a voulu brûler les étapes, il n’avait jamais participé à aucune joute et il a défié directement le Grand Protagoras. « Alors là, c’est plus cher. »

Je me dis que peut-être Binet envoie des messages subliminaux… que ça fait rire la rive gauche parisienne…


* « La septième fonction du langage » de Laurent Binet, Grasset.

01 septembre 2015

Rencontre de salons...

Montmorillon, salon du livre, youtube, Polycarpe

Les salons de livres se multiplient et fleurissent dans toutes les agglomérations, souvent au profit des politiques ou des organisateurs d’associations qui ont, jusqu’ici, pu profiter de l’indigence des écrivains et/ou de leur popularité pour se faire mousser, faire le buzz ou nourrir leur insatiable ego… En tout cas rarement par amour de la littérature, excepté quelques salons « historiques » crées avec les meilleures intentions mais qui, hélas, ont perdu leur innocence depuis belle lurette.

Ainsi me trouvai-je au salon de Montmorillon, dont l’égérie fut Régine Desforges (et sa bicyclette bleue qui trône à l’entrée de la ville), cité dédiée aux librairies et aux calligraphes. Douglas Kennedy m’a dédicacé son dernier livre en même temps qu’il était harcelé par une sorte de garde chiourme de sa maison d’édition qui le traitait omme un incapable majeur…

Bref. Entre deux averses peu propices à la vente de livres, j’ai vu arriver une sorte de Rouletabille trentenaire, Jules Armand Maleterre, armé d’une caméra qui faisait une vidéo sur ce salon et qui a eu l’heureuse initiative de m’interviewer…

Voici cette vidéo, en lien ci-dessous :

 https://www.youtube.com/watch?v=o7LGbH4cIW4

Il aurait fait, m’a-t-il annoncé, une critique du « Crime de River House » dans une autre vidéo, que j’attends de visionner avant d’en faire, à mon tour, la critique, ici même, il n’y a pas de raison !

Et Dimanche, à la Forêt des Livres, j’ai vu revenir vers moi à nouveau Jules dont la caméra est équipée cette fois d’un manche télescopique, car il devient professionnel, le bougre, pour m’interviewer à nouveau.

J’attends l’interviewer au pied du mur…

10:19 Écrit par Claudine dans interviews, littérature, Livre, publications, salons et dédicaces | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |

24 août 2015

Dimanche prochain : je dédicace à la Forêt des Livres

forêt des livres, romans policiers, whodonit,salons, dédicace, polycarpe
photo de Pierre Calmeilles

Le programme.

10 h. Au bûcher-théâtre de verdure, le colloque culturel animé par Jean-Claude Narcy : « Demain, une nouvelle Renaissance ? ».
11 h : inauguration devant le chalet des chasseurs.
12 h : déjeuner sur l’herbe (plusieurs points de restauration).
13 h 30 à 18 h : signatures-dédicaces dans l’allée des platanes et le parc du château de Chanceaux.
14 h : le café littéraire en plein air animé par Christian Panvert dans le champ devant le chalet des chasseurs, ainsi que les lectures animées par Philippe Chauveau au bûcher-théâtre de verdure.
17 h la pièce de théâtre « Gelsomina », conçue et interprétée par Pierrette Dupoyet à partir du film de Federico Fellini : « La Strada » (bûcher-théâtre de verdure).
18 h : remise des prix littéraires au balcon du chalet des chasseurs.
20 h : veillée littéraire chantée par Hervé Vilard devant le podium du café littéraire.

Entrée gratuite. Parkings obligatoires gratuits (navettes gratuites) : deux solutions selon la météo. Par temps sec parking sur terrain agricole (à La Baillaudière, acheminement des visiteurs sur le site par navettes de 9 h à 22 h, et le parking le plus proche, accès en venant de Dolus-le-Sec. Par temps de pluie, les seuls parkings desservis par les navettes seront ceux du Super U (1.650 places, navette de 9 h à 22 h) et du Leclerc (615 places, navette de 9 h à 22 h).

 

12:23 Écrit par Claudine dans littérature, Livre, publications, roman policier, salons et dédicaces | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |

03 août 2015

Livre papier contre livre numérique ?

numérique, liseuse, tablette,

En donnant sur FB, le 2 août à 20 h, mon point vue à propos du sondage de Livre Hebdo sur le comportement des lecteurs en vacances, je n’imaginais pas qu’une centaine de commentaires seraient postés en deux heures, accompagnés d’un millier de likes et de 347 partages…

Livre Hebdo révèle en effet que « d'après une récente étude menée par le site de voyage en ligne Opodo sur les comportements de lecture des Européens pendant l'été, les trois-quarts d'entre eux (74 %) disent préférer lire un livre papier pendant leurs vacances. »

J’ai fait remarquer, dans mon commentaire, qu’a contrario 26% des lecteurs préféraient le livre numérique en vacances, ce qui représentait un gros progrès !

Je jubile en effet de cette progression qui "nique" la sacro-sainte « chaîne du livre », cette chaîne journalistico-médiatico-éditoriale qui délimite le pré gardé des littérateurs chanceux, bien nés, bien entourés, bien pistonnés, bien encartés et autres trotskystes gallimardiens… en deux mots, cette chaîne de Ponzi* du business du livre…

Ces injustices sont peu à peu corrigées par le numérique qui procure aux « sans-dents » talentueux de la littérature, un lectorat potentiel, sans mainmise du pouvoir éditorial et journalistique avec pour seul critère de sélection le choix du lecteur et non celui du critique… dont Flaubert notait :

« Du reste ces articles ne sont pas convaincus ; on y sent un parti-pris, un dessous de cartes qui vous échappe »

Dans le Monde Littéraire, il n’est pas une semaine sans qu’un critique ne découvre le talent ou le génie un auteur mort dans l’indifférence… tandis qu’on encense d’un jugement de monsieur-je-sais-tout : « voilà ce qui fonde la bonne littérature ! » un auteur du sérail qui va parader quelques jours dans les médias avant de sombrer dans sa propre médiocrité.

Oui, le numérique est le salut de l’écrivain « goulaguisé ». Je vends aujourd’hui des livres numériques à Bruxelles ou à Québec quand un libraire de ma ville condescend tout juste à entreposer mes romans dans sa réserve…

Le livre papier, le livre numérique : deux formes de lecture, certes, mais le même texte…

*NB : Comme chacun le sait, la chaîne de Ponzi est une escroquerie qui génère des revenus pour les plus anciens investisseurs grâce aux apports de capitaux des nouveaux. Question : l’édition ne fournit-elle pas aux auteurs stériles d’une maison d’édition devenus éditeurs, de confortables revenus versés sous forme de droits d’auteurs grâce à la commercialisation de nouvelles publications ?

On saisit l’importance de publier des gens connus, soutenus par une presse comparse, pour générer des bénéfices…

19:53 Écrit par Claudine dans discussion, e-book, littérature, Livre, publications | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |

08 juillet 2015

Un p'tit coup de main ?

amazon, ventes flash, livres numériques pas chers, Polycarpe

Sur une idée de mon diffuseur, je m’adresse à ceux qui apprécient ma série des « Polycarpe » et qui voudraient bien m’aider à bénéficier d’une vente « flash » sur Amazon… Ces ventes « flash » (article numérique promotionnel à 0,99 € durant certaines périodes) sont réservées aux bouquins qui suscitent des commentaires de la part des lecteurs… À noter pour les inconditionnels du livre papier : ces commentaires profitent également à la diffusion des  "vrais" livres !

Pour vous exprimer, allez sur Amazon.fr > livres français > claudine Chollet et choisir "Le Vieux Logis" : on vous demandera vos coordonnées (une seule personne ne peut pas mettre plusieurs commentaires) et après ça... lâchez-vous !

Poly vous dit MERCI.

12:36 Écrit par Claudine dans e-book, Livre, publications, roman policier, Shopping | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |

23 juin 2015

baromètre annuel sur les achats de livres.

ebook, livres numériques, polycarpe« Si le marché du livre imprimé neuf, représentant 92% du marché global en valeur, connaît un recul un peu plus marqué (-1,4% en valeur et -1,7% en volume), ceux de l'occasion et du numérique sont en progression : +6% en valeur et +3% en volume pour les livres d'occasion (qui représentent 6% du marché global en valeur), +18% en valeur et +13% en volume pour les livres numériques, qui atteignent 2,3% du marché global en valeur.

28 mai 2015

Amies lectrices, Amis lecteurs amboisiens...

espace culturel Leclerc, romans policiers, Polycarpe La série des " Polycarpe" est enfin en vente

à l'Espace Culturel Leclerc à Amboise...

23:21 Écrit par Claudine dans littérature, Livre, Loisirs, publications, roman policier, Shopping | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |

23 avril 2015

« Polycarpe » passe le Week-end à Oléron…

Je dédicace ma série policière à « Cita’Livres » Château d’Oléron.

Nous serons plusieurs écrivains tourangeaux sous la bannière "Signature-Touraine".

En prime ci-dessous,une  carte postale,

conservée par mon grand-père Oléronais, tirée des 10 tomes de ses mémoires :

Départ du bateau pour la traversée pour l’ïle d’Oléron à la Pointe du Chapus

salon, cita(livres, Oléron, Charente, Touraine

15 mars 2015

Où peut-on trouver vos livres ? (question récurrente)

Cultura, Polycarpe, dédicace

Ils sont disponibles à Cultura et la Fnac, chez quelques libraires qui bravent la dictature molle de la "chaîne du livre". N’hésitez pas à commander dans les librairies en ville et ne croyez pas les libraires qui prétendent qu’ils sont épuisés.

Sinon, vous pouvez aussi les télécharger pour 6,99€ sur les sites de vente en ligne (Amazon, chapitre.com, etc…)

Vous pouvez aussi les commander directement aux éditions Tutti Quanti, un bon de commande se trouve sur le site : www.editionstuttiquanti.com.

Et un grand merci à tous ceux d’entre vous qui les lisent… et postent des commentaires en ligne.

19:39 Écrit par Claudine dans e-book, littérature, Livre, publications, roman policier | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | |

20 février 2015

Les Petits Secrets de "POLYCARPE" (8)

"C’est un peu l’amanite que je mélange à la fricassée de cèpes pour que le poison passe inaperçu" secret, écriture, Polycarpe, Tintin, Hergé,

Imaginez un gros poêle à bois, vous enfournez régulièrement des bûches qui s’enflamment au contact des braises, dans un foyer brûlant comme l’enfer, afin qu’il diffuse une bonne chaleur confortable. Eh bien, c’est ça, pour moi, écrire… Les colères qui brûlent en moi alimentent une œuvre paisible pour procurer un bon moment de lecture ‒ du moins est-ce l’objectif.  

Ce qu’on ne soupçonne peut-être pas à la lecture des Polycarpe, c’est cette révolte, parfois la rage que les comportements injustes, indignes, les petits arrangements, les gros mensonges et la violence provoquent en moi et ont provoqué dans ma vie.

Derrière chaque volume il y a cette motivation colérique bien particulière, qui aiguillonne l’intrigue, mot après mot, page après page.
Ainsi, dans Le Vieux Logis, j’ai créé mon petit cénacle d’amis intelligents et anticonformistes, tant j’étais révoltée par la stupidité.
Le Pigeon noir dénonce les secrets de famille qui nous étouffent.
Le Nègre en chemise accuse l’imposture littéraire dont je ne suis pas la seule victime collatérale.
Le Nombre d’or met en scène des adultes irresponsables et coupables.
Le Crime de River House tisse le roman autour de la privation d’amour et de la cupidité, thème loin d’être épuisé et qui sous-tend également Cœur de Bœuf.
Dans le septième Polycarpe, les familles incestuelles seront sur le gril…

Évidemment, je brouille les pistes, j’inclus ces thèmes parmi d’autres dans mes récits, j’ai l’air de les utiliser pour faire diversion, alors qu’ils en constituent le socle.

C’est un peu l’amanite que je mélange à la fricassée de cèpes pour que le poison passe inaperçu… L’atmosphère cool des Polycarpe, c’est exactement l’antidote dont j’ai besoin pour contrecarrer le poison de mes colères, c’est pourquoi ne comptez pas sur moi pour écrire des romans vraiment noirs ou des polars saignants.

10:16 Écrit par Claudine dans les petits secrets de Polycarpe, littérature, Livre, roman policier | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | |

16 décembre 2014

Dernières dédicaces 2014...

Merci à mes lecteurs et lectrices, "polycarpiens-addicts" !

Ci-dessous, le texte de la conférence donnée à Saint-Avertin et à Loches sur les noms des personnages dans mes romans.

"Je ne peux pas commencer à écrire un livre si je n'ai pas le nom de mes personnages. Avec Polycarpe comme héros de ses romans policiers, en écho aux Hercule Poirot et autre Jules Maigret de la tradition littéraire à laquelle elle se rattache, Claudine Chollet a une vraie réflexion derrière le « baptême » des protagonistes de ses œuvres. « Rien n'est dû au hasard », confiait-elle hier au cours du 6e salon du livre Signature Touraine qui, ce dimanche encore, au moulin des Cordeliers, mêlera dédicaces et conférences."

Pierre Calmeilles, Nouvelle République du 14 décembre 2014

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dédicace, cadeaux de Noël, librairie, Vouvray, maison d'Annie,

                                                      Les noms des personnages

Comme l’écrivait Flaubert à son ami Taine, « Un nom propre est une chose extrêmement importante dans un roman, une chose capitale. On ne peut pas plus changer un personnage de nom que de peau ».
De fait, je ressens exactement cela : quand le nom est mal choisi, je n’arrive pas à me familiariser avec le personnage et j’ai du mal à le visualiser, à l’imaginer, à le faire bouger, penser, discuter. Je suis en panne et je dois chercher un nom plus approprié.
Un lexicologue célèbre, Jean Pommier, a consacré tout un livre à l’onomastique chez Balzac (L’onomastique est la branche de la lexicologie qui étudie l'origine des noms propres, de personnes ou de lieux) où l’on voit que les noms ne sont jamais dus au hasard.
Je vais survoler l’onomastique de ma série des « Polycarpe ».
Dans mon choix des noms et prénoms de personnages, quatre principaux critères entrent en ligne de compte alternativement :

 

  • soit une connivence avec ma propre histoire, avec mon vécu d’auteur,
  • soit des sonorités ‒ allitérations ou consonances ‒ qui s’impriment facilement dans la mémoire pour donner du relief à un personnage secondaire.
  • soit encore un deuxième degré de signification en guise de clin d’œil au lecteur.
  • ou, enfin, j’utilise le prénom à contre-emploi pour produire dérision, ironie ou parfois pour valoriser un personnage déclassé…

En ce qui concerne le premier critère (connivence avec mon vécu d’auteur) :
Le personnage principal, Polycarpe Houle, en est l’illustration. C’est la clé de voûte de la série. D’où l’importance de son nom.

Quand j’ai commencé cette série, avec la détermination d’écrire plusieurs opus avec des personnages récurrents, j’avais une idée précise du genre de littérature que je voulais écrire : une intrigue criminelle sans cruauté, des petits meurtres entre amis, des assassinats au village… Des enquêtes d’amateurs prétextes à faire évoluer les gens, à révéler les caractères humains, sans complaisance pour la violence, et en privilégiant l’atmosphère et le style, et – ceci n’est pas la moindre des choses - en cultivant mon originalité.
Ainsi que l’affirmait le prolixe Gaston Leroux : « j’ai toujours apporté le même soin à faire un roman d’aventures, un roman-feuilleton, que d’autres à faire un poème. J’ai eu comme ambition de relever le niveau de ce genre si décrié ».
Je me situais donc dans cette lignée des auteurs de romans policiers du début du XXème qui avaient une conception ambitieuse et littéraire du roman populaire.
Le prénom de mon personnage principal devait être un hommage mes illustres confrères qui avaient affublé leurs héros de petits noms tels que Prosper, Arsène, Jules ou Hercule… Polycarpe, prénom d’une personne que je connaissais, me sembla convenir par son originalité. En plus l’étymologie apportait une épaisseur sémantique (Poly venant du grec polus  signifiant : nombreux, plusieurs, et Carpe provenant du grec karpos, signifiant : le fruit : le tout évoquant fécondité et créativité)
Le patronyme de Houle est un clin d’œil à mon premier livre publié, un roman policier de la série du Poulpe, publié par les éditions de La Baleine (manière de rester dans le champ lexical de la mer, qui m’avait porté chance !)
Et pour fignoler un peu, je voulais caser toutes les voyelles dans les prénom et nom de mon personnage.

Sur le 2ème critère (sonorités, allitérations et consonances), j’ai pris modèle sur Walt Disney qui a su jongler avec les consonnes ou les  voyelles, ainsi qu’avec le rythme de syllabes, pour nommer ses petits héros, tels que Donald Duke, Daisy Duke, Mickey Mouse, Minnie Mouse, etc.
J’ai appliqué ce principe avec mes personnages secondaires, pour leur donner du relief. Ainsi le coiffeur gay dont les lotions sont sabotées, et dont les clients ressemblent des poussins électrocutés, s’appelle Dany Daine, la correspondante du journal local est connue sous le nom d’Ida Darling, le cafetier instituteur de Rochebourg s’appelle Basile Bot, l’aide à domicile tunisienne est Salima Saoub et l’imposteur chanteur de blues a pris le nom de Billy Boy.
Pour illustrer le 3ème critère (qui joue sur les noms-indices, en rapport avec le récit), je peux citer Violette Parker du « Nègre en chemise ». Dans ce roman qui dénonce les « nègres » littéraire, Violette, ancienne enseignante, est la plume géniale et effacée de sa nièce parisienne qui signe les romans et reçoit tous les honneurs. Son prénom évoque l’encre des écoles d’antan et son nom une marque de stylo plume, son outil de travail. (Entre parenthèse, le côté prédateur d’Elvire est symbolisé par des vêtements à rayures jaunes et noires, à l’instar des frelons ou des guêpes, alors que justement, Violette mourra d’une piqure de guêpe …)
Je peux également citer Bérangère Santerre qui verra son domaine détruit dans un incendie le soir de Noël et se retrouvera sans biens, sans terre.
Elvire Augry, qui virera effectivement au gris après la résolution de l’énigme.
Dans « Le Crime de River House » : la victime Albertine a pour nom de famille Giraumont qui désigne une sorte de courge, le père ayant fait fortune dans les fruits et légumes. Elle épouse un Floche, contraction de « Filoche » puisqu’il la quitte et s’enfuit.
Mado Burlat, désirable maitresse de Floche, porte le nom d’un fruit appétissant. Franz Geheim est un allemand déserteur : Geheim, en allemand, signifie « chez soi ». Après sa désertion, il est chez lui en France.
La locataire du manoir, Arlette Pic, mère de la brave Nelly Pic et grand-mère de la monstrueuse Magali Pic, porte un nom qui la symbolise puisqu’elle agresse tout le monde.
Toujours dans ce même roman, nous avons un Simon Clampin, notaire, son patronyme évoque quelqu’un de lent, paresseux et nul en affaires, et rabat un peu son caquet. Jim Forban est d’emblée un suspect, comme l’indique son nom par ironie. Enfin, Robert Marzac, l’Universitaire distingué, porte un nom dérivé de Robert Darzac, le fiancé de Mathilde dans Le mystère de la chambre jaune.
Le 4ème critère rassemble les noms à contre-emploi, à sous-entendus ou à connotations littéraires. Ce sont des indications subliminales qui conditionnent (gentiment) le lecteur. Les patronymes à contre-emploi créent un décalage, une sorte d’oxymore d’où naît l’ironie. Ainsi Scarlett (qui évoque une merveilleuse jeune fille en crinoline) a épousé un dénommé Pochard, agriculteur. 
Calamity, qui porte des chemises à carreaux et fait du cheval, s’avère être une amicale et pacifique jeune femme. Maryline, caissière de supermarché, à un prénom de star ; la sympathique Flora Bouton est totalement passée fleur. Félicité est une infirmière terrifiante. Chimène est une vieille pocharde. Cosette c’est une femme rouée, qui a épousé un certain Barge, etc.
Dans le dernier Polycarpe, « Cœur de bœuf », l’écolo-agitateur, s’appelle Gaël Manant de la Haute, pour le plaisir de télescoper les contraires, et pour tourner un peu en ridicule le personnage hâbleur.
Bob Gorax a conservé le nom initial que je voulais donner au véritable assassin, mais c’était trop gros comme ficelle et je fais dire au personnage qu’il porte malgré lui le nom d’un « méchant de série B ».
Les Ducoin sont des bourgeois qui snobent les gens du village.
Les sous-entendus ou les connotations littéraires créent une sorte de feuilletage qui donne de l’épaisseur : par exemple, le commissaire s’appelle Félix Barcq. Barcq est homonyme de « bark » en anglais qui signifie « aboyer », c’est un clin d’œil au commissaire Japp d’Agatha Christie. L’un jappe en anglais, l’autre bark en français… il aboie et il porte le prénom Félix d’un chat de BD.
Le nom des Busier est déterminé par un pigeon voyageur égaré, la buse étant un prédateur de pigeons.
Le gendre anglais de Polycarpe s’appelle Witson, mot à mot : fils de l’esprit, il est très intelligent, il a de l’humour.

 

Nous avons fait ensemble un tour parmi la petite foule de mes personnages. Cette liste est loin d’être exhaustive, puisque tous les personnages de mes livres sont pourvus d’un nom significatif, à des degrés divers, valorisant ou dévalorisant, selon mon degré de sympathie pour lui.
Vous me demanderez peut-être quelle mouche me pique de me compliquer ainsi la vie avec des noms de personnages qui pourraient s’appeler comme tout le monde ?

À cela, j’ai deux réponses :

 

La première est qu’il y a dans mes romans autant de Pierre, Paul, Jacques ou François, que dans les carnets roses de papa, autant de Théo, Léa, Matis où  Noé que dans la société d’aujourd’hui. Simplement, c’est amusant de trouver le petit « plus » qui fera peut-être esquisser un sourire à mes lectrices ou à mes lecteurs.
J’ajoute que la lecture des rubriques nécrologiques offre parfois des surprises, telle cetteGuillemette du GOUPIL de BOUILLÉ, décédée le 3 novembre, que je ne connais pas mais qui prouve encore une fois que la réalité peut dépasser la fiction !

 

Je dirais en deuxième réponse que le risque que je prends en maniant cet humour peu conventionnel des noms propres, exprime bien ma liberté de créer, d’inventer, de tisser un lien privilégié avec mes lectrices et mes lecteurs.
J’ai aujourd’hui des preuves que ça fonctionne, que les gens apprécient, qu’ils comprennent l’intention joyeuse que je mets derrière ces jeux de mots et c’est particulièrement valorisant.
Je terminerai sur un dernier exemple en guise d’hommage : le jeune reporter du dernier « Polycarpe » : Cœur de Bœufs’appelle Laurel Boitel, qui est l’anagramme parfait de Rouletabille, le jeune reporter du Mystère de la chambre jaune.

 

Claudine Chollet

 

11 décembre 2014

Les Petits Secrets de Polycarpe (5)

écrivain, roman, humour, Reyboz

C’est en relisant « Passé imparfait » de Julian Fellows que j’ai compris ce qui fait la différence entre un bon roman [c’est-à-dire ce livre appétissant qu’on achète par gourmandise primé par les libraires, les jurys de magazines, ou encore les lycéens, voire les académies] et… un bon roman… littéraire ‒ tel que ce « Passé imparfait » de Julian Fellows ‒ du genre qui grave la comédie humaine sur les parois de la grotte, témoignage d’une humanité et non d’une classe sociale, d’un archétype humain et non d’un type lambda...  Étant entendu que le type lambda, qu’il s’agisse d’un bourgeois bohème ou d’un dealer dans le Bronx, dans certaines conditions, peut tout à fait se retrouver dans un roman littéraire… c’est compliqué.

C’est compliqué parce que le texte littéraire ne sera pas, de toute façon, proposé à la dégustation sur les gondoles, subira auparavant de nombreux refus butés d’éditeurs, comme pourraient en témoigner Proust, Gracq, Céline, ainsi que le père d’Anne Franck avec le Journal de sa fille, Margaret Mitchell (Autant en emporte le vent), Richard Bach (Jonathan Livingston le Goéland)  et J. K. Rowling (Harry Potter à l’école des sorciers)… ainsi que bien d’autres.

[Ceci dit sans acrimonie, ne vous méprenez pas. Je ne plaide pas ma cause… J’essaye seulement de décrypter le réel.]

 « On ne sait s'il y a une crise de la littérature mais il crève les yeux qu'il existe une crise du jugement littéraire », écrivait déjà Julien Gracq, en 1949, dans « La littérature à l'estomac », José Corti[1].

C’est compliqué parce que l’originalité (c’est-à-dire la différence) d’un texte littéraire est perçue d’abord comme perturbante et ennuyeuse par les comités de lecture éditoriaux, pour lesquels un roman doit avoir la fonction d’un trou de serrure par lequel ils épient les gens de leur petit monde, si possible en train de s’encanailler.

C’est compliqué, enfin, parce que les éditeurs, manipulateurs de culture, brouillent habilement les cartes en publiant vertueusement des récits d’opprimés, des témoignages poignants du Monde entier, en comparaison desquels l’éventuel chef-d’œuvre d’un concitoyen passera pour une élucubration de petit-bourge trop bien nourri. Et ces mêmes éditeurs-manipulateurs de culture poussent le bouchon jusqu’à « découvrir » des petits bijoux littéraires oubliés dans leurs archives 10, 20, 30 ans après le décès des auteurs : il n’y a pas de semaine sans une semblable découverte dans la presse littéraire.

Quoi qu’il en soit, toutes les fictions qu’elles soient ou non littéraires nous distraient et nous instruisent, en nous livrant une tranche de vie, une expérience humaine, une situation inédite ; les deux nous emportent ailleurs que dans notre petite vie : autre lieu, autre époque, autres mœurs…

Mais, selon moi, le roman littéraire est au bon roman ce que la haute-couture est au prêt-à-porter : la différence réside dans la maîtrise d’une coupe, d’un biais, d’une pince, la qualité d’une étoffe, l’ajout d’une broderie, d’une dentelle. Ce qui équivaut en littérature à la maîtrise du plan et des retours en arrière, du découpage chronologique, de l’épaisseur psychologique, l’insertion dans un contexte social, le choix d’un angle de vue, l’ajout de personnages secondaires bien campés… La différence réside enfin, et surtout, dans l’empreinte durable que le roman littéraire laisse dans notre cerveau, la marque indélébile qui fera ensuite référence dans les circonstances de notre existence.

Ces grincheux complices des éditeurs qu’on appelle les libraires modifient sans arrêt les gondoles pour présenter les meilleures ventes passées ou supputées ‒ le critère universel étant que le roman surprenne dans sa conventionalité…

Je fais ici mon Lucchini et je répète en articulant : surprenne dans sa conventionalité

Cet oxymore reflète exactement le marché du livre.

Si j’écris un jour une méthode à l’intention des pisse-copies débutants qui veulent réussir vite, je leur recommanderai de relater des relations humaines ultra conventionnelles, à coup de clichés, mais sous un angle rafraîchi, inséré dans l’époque, comme, par exemple, « La femme au carnet rouge » d’Antoine Laurin, Flammarion, 2014, le type de roman qui ne laisse aucune empreinte dans le cerveau…

C’est un exemple de « bon roman » bankable, mais non littéraire : une bluette plutôt touchante dont les personnages, bobos parisiens, sont assez falots ; le style est coulant, facile à lire, sans originalité, ni humour. Les clichés sont nombreux : Paris (valeur sûre), ses bistrots, l’inévitable ami gay, la fille qui aime son papa, les chats, aucune épaisseur sociale maladroitement compensée par l’allusion à un reporter de guerre, par un dégât des eaux…

On entend souvent parler de cliché, définissons-le : un cliché est une image ou une situation rebattue, apanage d’un groupe, d’une communauté, d’une classe sociale ; le cliché titille la fibre snobinarde, il rassure, déstresse, il renvoie au lecteur une image plutôt valorisante de la personne qu’il pourrait être, il flatte son narcissisme, c’est un artifice Pavlovien. Le cliché est l’outil d’un auteur de talent, évidemment pas celui d’un écrivain de génie qui trouve l’inspiration hors des sentiers battus.

Je m’aperçois que l’heure tourne… et je n’ai pas encore abordé l’idée qui me tient à cœur et que j’essaye d’exploiter dans mes « Polycarpe » : l’importance de l’architecture en croix du roman.

Considérez ce qui précède comme l’introduction du prochain billet… et admirez au passage l’art du suspens… hi ! hi !



[1] Anecdote symbolique : l'histoire dramatique du jeune John Kennedy Toole. Après avoir été rejeté par la quasi-totalité des éditeurs américains, le jeune homme, gravement dépressif, se suicida en 1969 à l'âge de trente-deux ans. L'éditeur Simon & Schuster avait osé qualifier son livre d'« indigent ». Comme le souligne la quatrième de couverture : « Le plus drôle dans cette histoire, pour peu qu'on goûte l'humour noir, c'est qu'aussitôt publié, le roman a connu un immense succès aux États-Unis et s'est vu couronné en 1981 par le prestigieux prix Pulitzer. » Le livre, traduit en dix-huit langues, a été vendu à plus d'un million et demi d'exemplaires. Il est aujourd'hui considéré comme un classique de la littérature américaine. On pourrait considérer la tragédie de John Kennedy Toole comme une leçon à méditer pour les auteurs malheureux. Ceux-ci ne doivent jamais désespérer.  

14:28 Écrit par Claudine dans littérature, Livre, publications, sens des mots | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |

09 décembre 2014

Salon du livre de "Signature-Touraine" le week-end prochain à Loches

Noël, salon, dédicace, livres, cadeaux, marché, Loches, écrivains

Le salon "historique" de notre association d'auteurs et de petits éditeurs de Touraine !

Deux jours de rencontres, conférences, dédicaces, au Moulin de Cordeliers, à Loches : tous les genres de livres sont représentés, commentés par leurs auteurs.

Cette année, je propose un nouveau Polycarpe, le sixième : "Coeur de Boeuf", sorti fin mai dernier.

Le samedi et le dimanche à 15 h 45, je donnerai une petite conférence sur "les personnages de romans", inspirés des petits secrets de Polycarpe développés sur ce blog : c'est l'occasion de venir en discuter avec moi, si le sujet vous intéresse.

QR code Polycarpe

02 décembre 2014

Dédicace à la Maison d'Annie, à Vouvray, dimanche 7

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J'invite toutes mes amies à venir papoter avec moi, dimanche après-midi, entre 15 h et 17 h, chez Annie.

Outre mes  "Polycarpe" que je me ferai un plaisir de dédicacer,  la maison d'Annie regorge de possibles cadeaux de noël très sympas.

Je serai en compagnie d'un charmant confrère, Xavier Mathias, maraîcher bio, producteur de plants et de légumes à Chédigny (Indre et Loire). En plus de son activité de maraîchage, Xavier Mathias est Directeur technique et rédacteur pour la revue Les cahiers du potager bio, rédacteur pour les revues Rustica Hebdo, Tout en un Rustica  et Pour nos jardins.

Il est aussi consultant pour la gestion des potagers du domaine de Chaumont-sur-Loire et du château de Valmer. 

Il assure la formation continue au Potager du Roi à Versailles.

Alors... à Dimanche

 

 

 

10:43 Écrit par Claudine dans littérature, Livre, publications, roman policier, salons et dédicaces | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |

15 novembre 2014

LES PETITS SECRETS DE « POLYCARPE » (2)

         Deviner ce que les gens masquent derrière les apparences rend la vie très amusante[1] et nourrit des intrigues divertissantes.

L’objectif que je m’étais fixé, en démarrant la série, consistait à :

-        plonger le lecteur dans une atmosphère surtout pas tristounette (je voulais écrire le livre que qu’on a tous aimé lire en vacances, l’été sous un arbre, dans un pré, sur un perron, dans le silence grésillant de la canicule… qui vous transporte ailleurs pour quelques heures et dont on se rappelle toute une vie !

lecture farniente, romans, Polycarpe, secrets

-        croquer un panel de « types » humains identifiables (à jamais fascinée par la pertinence des « Caractères » de La Bruyère et par les personnages inoubliables (Frédéric Moreau, Rastignac, Julien Sorel) de Flaubert, Balzac et Stendhal)

-        écrire les scènes selon un angle de vue délibéré, ce qui emprunte au cinéma, révèle la « patte » du romancier, apanage de l’art littéraire.

romans policiers, Polycarpe, secrets

Des cadavres dans les placards, des secrets, des impostures, des fausses identités, des mystères ésotériques… ce sont ces petites douceurs (que savourent les écrivains de romans policiers non sanguinaires depuis le début du XXème siècle) qui servent des intrigues conçues comme le fil rouge des romans, autour duquel se tricotent des vies, autant précieuses que dérisoires, de personnes comme nous tous.

Le trait appuyé, est une dimension importante des « Polycarpe » : les gens sont épinglés dans leurs travers, on traite des modestes réussites comme des grandes victoires, les enterrements sont des obsèques quasi nationales… tout ce qui se passe est soit monté en épingle, soit rapetissé, toujours décalé par rapport au réel.

C’est ici qu’on retrouve ma préoccupation du point de vue, l’angle sous lequel on voit les scènes, est capital pour créer l’ambiance dont je parlais et la connivence avec le lecteur.

Ex : Dans « Le Pigeon noir », à l’enterrement dans le cimetière, je décris les personne depuis l’intérieur de la tombe, le bruit des pas sur les graviers est disproportionné, l’ex-voto apporté dans un carton à pizza représente une scène de tango, etc.

Comme dans un film, j’essaie de décrire les scènes en plan général, panoramique ou je zoome. Cela donne du champ, de la profondeur.

Croquer des types humains s’avérait une question plus délicate ayant fait le pari (avec moi-même) de faire découvrir les personnages au lecteur comme on découvre nos contemporains dans la vraie vie, sans savoir ce qu’ils pensent car on n’est pas dans leurs têtes, en se fiant à leurs gestuelles, à la tonalité de leurs voix, à leurs expressions ‒ très significatives pour qui sait voir. Je voulais aussi faire passer l’idée que nous avons plusieurs facettes dans la vie, principalement publique et privée.

Ma rencontre avec le véritable instituteur-cafetier de Crissay-sur-Manse (devenu Basile Bot dans la série) a été décisive : comme lui, mes personnages principaux exerceraient au minimum deux activités, la profession officielle et un hobby, symbolisant ainsi la dualité entre vie publique et vie privée. L’invention de ces « doubles casquettes » (marchande de miel/psychologue, assistante maternelle/artiste peintre, vétérinaire/bricoleur, homosexuelle athée/chanteuse de gospel, etc.) permet en outre toutes les combinaisons selon les nécessités de l’intrigue.

A suivre…



[1] C’est une distraction de collectionneur. On peut toujours dénicher de nouveaux modèles d’idéologues,  mégalo, égocentriques, avides, arrivistes, prédateurs, pantouflards, mais également des cœurs d’or, des généreux, des gentils et des complexés.

La plupart des humains se contentent de faire bonne figure, pour être aimés, admirés, reconnus, certains en remettent une couche et se composent un personnage flatteur. Dans les romans policiers, ils constituent la cohorte des suspects : ils ont un petit quelque chose à cacher, mais ne sont pas des assassins.

Ce qui plus sportif à décrypter, ce sont les comportements des pervers qui enfouissent aux tréfonds d’eux-mêmes leurs déchets toxiques, sachant très bien que leurs pensées et leurs actes ne sont pas anodins, ne sont pas sains et qu’ils seraient exclus de leur communauté s’ils se montraient tels qu’ils sont.

Le pervers est celui qui pervertit les rapports humains, ce n’est pas plus compliqué que ça ! Ne cherchez pas plus loin, quand la relation humaine se dégrade, devient vénéneuse, produit des catastrophes, on est en présence d’un pervers. Taraudé par l’envie et le besoin de compenser ses manques, ses blessures narcissiques, ses angoisses, il se joue des tabous, les contourne pour instrumentaliser autrui, souvent ses proches. Il existe toute une gamme de pervers, du petit manipulateur au psychopathe mais tous s’absolvent, persuadés de la légitimité leurs intentions. C’est parmi ces derniers que se trouvent les meurtriers des intrigues policières.

05 novembre 2014

Les Petits Secrets de "POLYCARPE" (3)

Les personnages de romans

personnages romanesque, Polycarpe, conférence, Manoir de la Tour

(Ceci est l'introduction d'une communication que je fais le 16 novembre
au Manoir de la Tour à Saint-Cyr-Sur-Loire)

Les personnages romanesques sont des personnes fictives qu’on ne peut pas décrire dans le détail sans faire périr d’ennui les lecteurs. Aussi nous, les écrivains, leurs inventeurs, devons les évoquer au moyen de techniques littéraires afin de les rendre plus vrais et plus vivants.

Quand le travail est bien fait, le personnage se met d’ailleurs à exister ; le caractère que nous lui avons donné influe sur ses actes et sur l’intrigue ; il devient une personne autonome, qui impose ses faits et gestes, ses idées et… prend parfois l’ascendant sur l’auteur : j’ai déjà vécu personnellement ce genre de situation ; les personnages sont l’émanation de nos neurones et de nos émotions ; l’acte de création est une gestation et, comme un enfant, le personnage naît, croît et s’émancipe.  

On me demande très souvent si je prends modèle de mes personnages  parmi les personnes que je rencontre. En fait, jamais de façon aussi nette. Je picore des traits de caractères, des tics de langage, des gestes, des détails vestimentaires, à gauche et à droite, sans même y penser sur le moment, et je fabrique un portrait composite en essayant d’accorder le mental avec le physique ; il m’arrive aussi de recevoir dans un rêve la visite de quelqu’un que je ne connais pas et qui veut entrer dans ma fiction…

Le personnage est un peu le vampire de notre énergie ‒ un vampire reconnaissant qui, dans quelques cas inespérés, nous embarque avec lui dans la postérité.

Pendant l’écriture de Madame Bovary, Flaubert écrivait à Hippolyte Taine, le 20 novembre 1866 : « Les personnages imaginaires m’affolent, me poursuivent, — ou plutôt c’est moi qui suis dans leur peau. Quand j’écrivais l’empoisonnement de Mme Bovary j’avais si bien le goût de l’arsenic dans la bouche, j’étais si bien empoisonné moi-même que je me suis donné deux indigestions coup sur coup — deux indigestions réelles car j’ai vomi tout mon dîner »

À mon avis, cette « vampirisation »  de l’énergie du romancier est l’une des conditions nécessaires à la postérité du personnage. On se rappelle, pour n’en citer que quelques-uns, Emma Bovary, Julien Sorel, Frédéric Moreau, Georges Duroy – le Bel-Ami de Maupassant, Solal de Belle du Seigneur, ou encore La dame au petit chien, de Tchekhov, de même que le populaire Arsène Lupin, lequel n’a pas laissé à Maurice Leblanc la liberté d’écrire autre chose.

Le paradoxe du vrai créateur consiste à donner une réalité durable à un personnage tout à fait irréel. Et ce personnage prend place dans notre généalogie comme un membre de notre famille. Par exemple, Claudine de Colette est un peu une vieille tata pour moi... Un personnage réussi n’est pas nécessairement un héros, c’est quelqu’un qui va s’incruster dans la mémoire collective, s’enraciner dans notre socle culturel.

Ces personnages, qui ont le statut d’archétypes humains, qui sont devenus des références, des repères ou des modèles, ne naissent jamais sous la plume d’auteurs à la mode, invités des talk-shows, célèbres avant d’avoir été lus, écrivant sur commandes des éditeurs, figurant au top ten des libraires, ou encore d’écrivains se mettant eux-mêmes en scène dans leurs livres. Ainsi que l’exprimait Albert Thibaudet, grand critique littéraire de l’entre-deux guerres, dans la « Nouvelle Revue Française » : « Le romancier ‟authentique‟ créé des personnages, le romancier ‟ factice‟ fait du copié-collé de personnes existantes, dont sa propre personne, le plus souvent ».

Reconnaissons que le romancier « factice » selon Thibaudet, a un grand avantage sur le romancier « authentique », c’est qu’il connaît la gloire de son vivant et l’enrichissement qui va avec… 

Cela dit,quand un personnage s’avère être le clone plus ou moins travesti de son auteur,  il fait de la figuration et ne marque pas durablement les esprits. Idem des personnages en carton-pâte qui ne sont que des personnifications de concepts ou d’idéologies, comme dans les livres de Jean-Paul Sartre, par exemple.

Inversement, dans son œuvre, Proust instille toute son énergie vitale au point que les personnes réelles qu’il décrit deviennent des archétypes du snobisme bourgeois.

Pour parvenir à rendre vraisemblable un personnage fictif, avec une économie de moyens et sans tomber dans la caricature, à l’instar d’un prestidigitateur, nous les auteurs, avons notre mallette de trucs et astuces pour les faire surgir de nulle part ; nous utilisons le décor, les descriptions, les dialogues, les figures de rhétorique, les symboles, la focalisation, etc. Ces méthodes d’écriture pourront faire l’objet d’une prochaine conférence.

Nous allons nous contenter de développer un point particulier qui caractérise le personnage romanesque : son nom.

(lire la suite sur les "pages" de ce blog : colonne de droite)

06 octobre 2014

LES PETITS SECRETS DE « POLYCARPE »

Lors des dédicaces, rencontres, débats, on me demande toujours comment m’est venue l’idée d’écrire la série des "Polycarpe", où je trouve mon inspiration, comment je crée mes  personnages, pourquoi je les affuble de ces noms, etc. Et je réponds bien volontiers mais toujours partiellement, faute de temps.
Ça serait quand même ballot de ne pas faire savoir son savoir-faire, si je peux oser ce chiasme, avec les moyens de communication dont on peut disposer actuellement.
Tout au long d'une chronique, sur ce blog, je vais dévoiler l’image dans le tapis, selon le titre d’une célèbre nouvelle d’Henri James
(The Figure in the Carpet).
Le narrateur de cette fiction anglaise suppose que seuls quelques rares initiés clairvoyants peuvent comprendre l’essence d’un livre, le secret qui préside à la création.
Je ne suis pas certaine que quiconque parvienne à décrypter complètement ce secret fictionnel sans un coup de pouce du romancier qui est seul à savoir ce qui a motivé ses choix.secret, écriture, Polycarpe, Henry James,
[Pas un récit chez Henry James, sans ce canevas serré autour d’un secret. Prétexte à un savoir qui ne cesse pas de se supposer et se soupçonner, le secret circule entre les personnages, fait lien entre eux autour d’hypothèses de vérité et de stratégies de positions, sans jamais se révéler précisément. L’insolite et le déroutant relèvent du cœur même de la cible : quelque part, on sait quelque chose.]*

 [Il n’est sans doute pas superflu de signaler que Henry James fut longtemps méconnu, voire ignoré de la critique. Il se considérait incompris, ses romans n’ayant pas de son vivant rencontre l’éloge ni le succès, à l’égal d’un art auquel il consacra sa vie entière. L’accusation portée contre les critiques inaptes à découvrir et à faire savoir un talent, est d’autant plus vive qu’en effet, dans cette nouvelle, H. James fait de la méconnaissance, voire de la méprise, basées sur l’ignorance, le fondement d’un savoir caché, lové dans le corps du texte et répondant d’un savoir caché en chacun, notamment le lecteur ou le critique, savoir caché pour autant qu’il est refoulé.]*

*Les citations sont de Osganian Valérie, « Structure littéraire, structure littérale » La passion du secret chez Henry James. Le motif dans le tapis, Essaim, 2001/2 no8, p. 85-102. DOI : 10.3917/ess.008.0085

Revenons à Polycarpe...Cultura, Polycarpe, dédicace

Polycarpe chez Cultura

Première indication, d'ordre général :

Le secret de la trame criminelle est la métaphore du secret des êtres humains, de leurs vies. Je suis hantée par les secrets, je ne peux jamais aborder quelqu’un sans me demander quel secret est enfoui en lui.
Cette « obsession » du secret est une des clés de mon inspiration.
Je développerai dans un prochain billet.
à suivre...

19:20 Écrit par Claudine dans art, discussion, littérature, Livre, publications, roman policier | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | |

23 septembre 2014

En direct de PH 7 (Polycarpe n° 7)...

Un aperçu du chaudron où se mijote le futur Polycarpe.

Une page de carnet qui annonce le titre…

manuscrit, ecriture, Polycarpe

Et une lointaine ébauche du dessin de couverture… enfin... peut-être !

manuscrit, ecriture, Polycarpe

;-) Où sont les méchants ???

10:29 Écrit par Claudine dans insolite, langue, langage, littérature, Livre, roman policier | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |

01 septembre 2014

« FORÊT DES LIVRES » 2014, UN BON CRU POUR « POLYCARPE »

Forêt des livres, dédicaces, salon, auteur, Polycarpe

MERCI du fond du cœur à toutes les personnes pour lesquelles, hier, à La Forêt des Livres, j’ai dédicacé mes romans (en moyenne une dédicace chaque quart d’heure).

À tous mes fidèles lecteurs qui m'ont communiqué leur enthousiasme, leur attachement à mes personnages, à l’ambiance de la série, à l’originalité de mon style…  Et merci également aux nouveaux « Polycarpiens » qui exprimaient leur hâte de se plonger le soir même dans la lecture de mes livres.

Vous m’avez transmis tellement d'ondes positives que je vogue ce matin sur une sorte de nuage d’optimisme. C’est encourageant et très stimulant pour la création. 

Pour vous tous, dès ce matin, j’attaque le 7ème Polycarpe dans la joie et la bonne humeur !

11:51 Écrit par Claudine dans littérature, Livre, roman policier, salons et dédicaces | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |