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18 mai 2017

Glissement sémantique

les mots en politique

Depuis quelques années, les hommes et femmes politiques  emploient le mot « territoire » pour signifier « région ».

Avant ce rapt sémantique, le mot territoire désignait une zone géographique à l’intérieur de frontières naturelles, comme les départements d’Outre-mer.

Ce glissement de sens est apparu dans les année 1980 pour évoquer des zones géographiques sur lesquelles les politiques exerçaient leur pouvoir. Et, peu à peu, ce mot a totalement remplacé les autres termes désignant ces entités géographiques, économiques, historiques, où vivent des gens, que désignent les termes de "régions" ou de "pays".

J’ai modestement noté que cette façon de parler est typique des personnalités de gauche, juste 3 exemples :

‒ « Le chef de L’État lui avait demandé de lui trouver une maison "dans le proche territoire de Tulle », rapporte un ami corrézien de Hollande.

‒ Cazeneuve : «  dès le début de l'année de 2017, le gouvernement prendra  de nouvelles mesures pour assurer l'accès des patients aux soins dans les territoires… »

Duflot : « Parce que quiconque porte un intérêt réel aux territoires de notre pays ne peut ignorer à quel point les enjeux qui sont les vôtres sont déterminants pour l’avenir de notre pays »

Ce vocabulaire est révélateur du dédain des politiques pour la province et lamine le pittoresque de nos régions pour n’en considérer qu’un aspect administratif, déshumanisé.

11:35 Écrit par Claudine dans Ce qui ne me plaît pas, idiomes, langages | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |

27 février 2017

C'est de la pure, c'est de la blanche... idéologie éditoriale actuelle

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J’ai acheté et lu La septième fonction du langage, de Laurent Binet chez Grasset, sur la foi d’une critique louangeuse de Busnel dans LGL, qui a titillé la curiosité de l’étudiante en linguistique que j’étais dans les années 70. J’ai certainement dilapidé 22 € quand j’aurais pu, avec un peu de patience, satisfaire ma curiosité en dégotant ce bouquin chez un soldeur ou chez Emmaüs pour une bouchée de pain.

Ce texte pourrait se définir comme un exercice d’atelier d’écriture dont la contrainte résiderait dans la transformation de vrais intellos de l’époque en personnages de fiction, se vautrant dans le stupre et d’obscures spéculations linguistiques. Autre consigne : des phrases au présent, jetées comme des indications de scénario, en une succession de courts paragraphes : « Foucault débarque (…) Foucault demande des nouvelles(…) Foucault prend Derrida à part (…) Foucault dit qu’il n’aurait pas fait une chose pareille (…) »

L’astuce du siècle consiste à injecter au goutte-à-goutte un certain suspens ‒ absolument indispensable pour faire passer les bourratives digressions : un mystérieux document disparait, dont veulent s’emparer un espion bulgare avec son pébroque, deux moustachus à la Dupondt et les membres de la secte des coupeurs de doigts, le Logos club, où sont organisées des joutes verbales dont les perdants sont amputés !

L’auteur se marrait peut-être en échafaudant son petit scénario à la Tintin, mais la caricature et la dérision, ça va un moment ‒  dans une BD peut-être mais pas en littérature ‒ tout ça pour découvrir à la fin que si Mitterrand (ben, l’homme du secret, pardi !) a été élu en 81 et réélu, c’est qu’il était en possession du fameux document-mystère ! Et vous savez quoi ? Il s’agit de la septième fonction du langage, qui n’est autre que la technique de la manipulation verbale…

Je vous laisse digérer cette trouvaille.

J’avoue que j’ai failli abandonner la lecture de cette œuvre géniale sélectionnée pour le Goncourt,  après cet extrait, page 439 : « Le sophiste au bec de médecin cale les couilles de Sollers entre les deux lames du sécateur, empoigne fermement les poignées, à deux mains, actionne le mouvement de cisaille. Et coupe.

Kristeva tressaille.

Sollers émet un bruit inconnu, un claquement de gorge suivi d’un long miaulement qui ricoche sur les toiles de maîtres et se répand dans toute la salle.

Le sophiste au bec de médecin ramasse les deux couilles et les dépose dans la seconde urne dont Simon et Bayard comprennent alors qu’elle a été prévue à cet effet.

Simon livide, demande à son voisin : « C’est pas un doigt, le tarif, normalement ? »

L’homme lui répond que c’est un doigt quand on défie un jouteur d’un rang juste au-dessus, mais Sollers a voulu brûler les étapes, il n’avait jamais participé à aucune joute et il a défié directement le Grand Protagoras. « Alors là, c’est plus cher. »

Peut-être Binet envoie-t-il des messages subliminaux… et ça plaît rive gauche.
D'ailleurs, Fabienne Pascaud dans Télérama encense "Un irrésistible thriller": "On aime passionnément"

Et devinez qui est l'auteur ? (source Wikipedia)

"En contact avec Valérie Trierweiler qui lui avait consacré un article dans Paris Match du 16 octobre 2010 où elle le qualifiait de « beau gosse agrégé de lettres », il chronique la campagne présidentielle de François Hollande. Le récit de la campagne, intitulé Rien ne se passe comme prévu sort le . Laurent Binet y indique notamment qu’après avoir été tenté par le vote Mélenchon, il a fini par se laisser convaincre et par soutenir François Hollande dès le premier tour. D'après L'Express du 21 décembre 2012, le livre n'a pas eu le succès escompté et s'est vendu à 23 000 exemplaires seulement.

En 2014, il dément les rumeurs selon lesquelles il aurait aidé Valérie Trierweiler à écrire son pamphlet contre François Hollande Merci pour ce moment5,6.

Il publie La Septième Fonction du langage à la rentrée littéraire 2015, un roman imaginant un complot autour de la mort de Roland Barthes qui reçoit le prix du roman Fnac et le prix Interallié7."

11:15 Écrit par Claudine dans bizarreries, Ce qui ne me plaît pas, Livre, publications | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |

21 novembre 2016

les dessins de Van Gogh et le coup éditorial du seuil, suite...

faux tableaux, van gogh, Criminelles,

Tiens, comme c'est bizarre ! Suite du post précédent...

Lu dans Livre Hebdo : "Le musée néerlandais dédié au célèbre peintre impressionniste juge que les dessins publiés par Le Seuil sont des faux."

  Évidemment que c'est un "coup" éditorial !
Je suis toujours extrêmement surprise du déni d'imposture répandu dans la population qui se bouche les yeux comme le vieil homme de Van Gogh.

Idem pour écrivains prétendument auteurs d'un livre par mois... durant trente ans ! Qui peut croire ça ? Alice au pays des merveilles, peut-être ?
La pensée magique, le désir de contes résiste à la logique et au raisonnement ; Finalement, c'est un peu ça que je démontre dans mes "Polycarpe" : mon cher Poly ne peut s'empêcher de dénoncer le déni d’imposture, qui est l'alibi du crime.

* * *

Suite de l'enquête, article trouvé dans Livre hebdo aujourd'hui 7 décembre:

"le musée liste plusieurs points factuels concernant l'encre utilisée, la technique, le style, la provenance et la fiabilité du carnet. Concernant l'encre utilisée, le musée fait par exemple remarquer qu'elle est marron, alors que Van Gogh utilisait surtout une encre noire, mais décolorée avec le temps, ainsi qu'il peut être constaté sur les dessins authentifiés, ce que l'auteur du carnet aurait voulu reproduire en ignorant cette particularité. Le musée relève aussi des erreurs topographiques, s'interroge sur la reconstitution de la chronologie des dessins, et met en doute l'authenticité d'un carnet de notes utilisé pour retracer l'origine des dessins."



 

 

 

 

28 août 2016

Dans la rubrique « Je m’insurge »…

Jefferson, citation

Cette habitude des Offices de tourisme de fournir aux touristes et curieux locaux des publicités pour les gites, chambres d’hôtes, caves et dégustations, galeries de peintures, restaurants, cours de langues, vols en montgolfière, descente de rivière en canoë, etc…

Qui qui manque dans cette liste ? Les romanciers ! Ben dame ! Les écrivains locaux.

On organise des parcours culturels bon chic bon genre émaillés de lectures d’œuvres… d’écrivains morts. Ce ne serait pas difficile de signaler que dans cette jolie ville pleine de choses à voir et à manger, des écrivains contemporains vivent quelque part dans la cité et que leurs livres sont à la bibliothèque et en vente à la librairie du coin.

C’est tout, c’est simple, ça ne fait de mal à personne, à moins que ça réveille un désir pas très propret de maltraiter ceux qu’on envie et ne peut égaler… Je dis ça, je dis rien.

 

 

19:27 Écrit par Claudine dans art, bibliothèques, médiathèques, Ce qui ne me plaît pas, littérature | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |

18 octobre 2015

En cette période de prix littéraires, c’est l’occasion d’une brève de blog…

marché du livre, grands écrivains, ostracisme

Depuis cette rentrée, je ne peux plus regarder la Grande Librairie, sur la 5. On retrouve les mêmes auteurs bankables, je me suis fait avoir en achetant le dernier Nothomb et la septième fonction du langage de Binet (voir mon post du 25 septembre « dérivation illocutoire »). En revanche, mon libraire ne s’est pas fait avoir, lui.

À toutes les époques la littérature a eu ses imposteurs : l’imposture vient de ce que le marché du livre prétend faire commerce de littérature, quand il ne s’agit que de produits à la mode et périssables. Parfois plaisants à lire, j’en conviens, quoique vite oubliés. Des marchands, des idéologues et des snobs s’enrichissent d’un système éditorial et journalistique qui gère les livres comme un produit frais à jeter avant le prochain arrivage.

Depuis toujours, les vrais romanciers ont dû se démarquer de la contrefaçon littéraire, persévérer et s’accrocher malgré le mépris des précédents. Portés par l’évidence de leur vocation et le dessein ambitieux de représenter notre Humanité à la fois piteuse et grandiose, ils ont laissé nombres préfaces et bien des prolégomènes révélateurs de leurs batailles pour surmonter les critiques péjoratives de leurs contemporains ou pire, l’oubli et la transparence dans lesquels ils étaient tenus.

Préfaces célèbres en suivant ce lien :

http://ldm.phm.free.fr/Oeuvres/PrefacesXIX.htm

18:51 Écrit par Claudine dans Ce qui ne me plaît pas, discussion, littérature, Livre, publications | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |

23 septembre 2015

Dérivation illocutoire !

critique littéraire, nouveautés, livres, rentrée littéraire

J’ai acheté La septième fonction du langage*,  sur la foi d’une critique louangeuse de Busnel dans LGL, interpellée par le pitch  titillant l’étudiante en linguistique que j’étais dans les années 70. J’ai ainsi stupidement dilapidé 22 € quand j’aurais pu, avec un peu de patience, satisfaire ma curiosité en dégotant ce bouquin chez un soldeur ou chez Emmaüs pour une bouchée de pain.

Ce texte pourrait se définir comme un exercice d’atelier d’écriture dont la contrainte résiderait dans la transformation de vrais intellos de l’époque en personnages de fiction, se vautrant dans le stupre et d’obscures spéculations linguistiques. Autre consigne : des phrases au présent, jetées comme des indications de scénario, en une succession de courts paragraphes : « Foucault débarque (…) Foucault demande des nouvelles(…) Foucault prend Derrida à part (…) Foucault dit qu’il n’aurait pas fait une chose pareille (…) »

L’astuce du siècle consiste à injecter au goutte-à-goutte un certain suspens ‒ absolument indispensable pour faire passer les bourratives digressions : un mystérieux document disparait, dont veulent s’emparer un espion bulgare avec son pébroque, deux moustachus à la Dupondt et les membres de la secte des coupeurs de doigts, le Logos club, où sont organisées des joutes verbales dont les perdants sont amputés !

L’auteur se marrait peut-être en échafaudant son petit scénario à la Tintin, mais la caricature et la dérision, ça va un moment ‒  dans une BD peut-être mais pas en littérature ‒ tout ça pour découvrir à la fin que si Mitterrand (ben, l’homme du secret, pardi !) a été élu en 81 et réélu, c’est qu’il était en possession du fameux document-mystère ! Et vous savez quoi ? Il s’agit de la septième fonction du langage, qui n’est autre que la technique de la manipulation verbale…

Je vous laisse digérer cette trouvaille.

J’avoue que j’ai failli abandonner la lecture de cette œuvre géniale sélectionnée pour le Goncourt,  après cet extrait, page 439 : « Le sophiste au bec de médecin cale les couilles de Sollers entre les deux lames du sécateur, empoigne fermement les poignées, à deux mains, actionne le mouvement de cisaille. Et coupe.

Kristeva tressaille.

Sollers émet un bruit inconnu, un claquement de gorge suivi d’un long miaulement qui ricoche sur les toiles de maîtres et se répand dans toute la salle.

Le sophiste au bec de médecin ramasse les deux couilles et les dépose dans la seconde urne dont Simon et Bayard comprennent alors qu’elle a été prévue à cet effet.

Simon livide, demande à son voisin : « C’est pas un doigt, le tarif, normalement ? »

L’homme lui répond que c’est un doigt quand on défie un jouteur d’un rang juste au-dessus, mais Sollers a voulu brûler les étapes, il n’avait jamais participé à aucune joute et il a défié directement le Grand Protagoras. « Alors là, c’est plus cher. »

Je me dis que peut-être Binet envoie des messages subliminaux… que ça fait rire la rive gauche parisienne…


* « La septième fonction du langage » de Laurent Binet, Grasset.

01 juillet 2015

Drôle d'expérience

société, mode, l'internationale

 

Le monde va changer de base… Déjà, on le pressentait, mais cette fois, c’est avéré.  Le patrimoine immobilier, le patrimoine mobilier, le patrimoine culturel, transmis depuis des générations est déclaré obsolète. Comme dirait l’autre : c’est une rhinocérite à la Ionesco, ça se répand, c’est contagieux, tout le monde est touché… Par quoi commencer ? La maison de famille ? Elle ne vaut plus rien, ou pas grand-chose parce qu’elle n’a pas de doubles cloisons, les tomettes de grès sont complètement has been, les faïences de la cuisine à gerber. Le top du top, c’est no meuble au profit du dressing, des cloisons laquées noires ; le savoir-faire du menuisier d’antan ridiculisé, donnez-moi une hache et votre armoire en merisier, j’en fais de bois de chauffage… Les meubles anciens, sont évalués entre 30 et 70 € par le commissaire-priseur qui précise « sans droit de réserve, si ça ne part pas à cette estimation on peut encore baisser le prix »… [nota : inversement, essayez d’acheter le même meuble chez un antiquaire et vous verrez que la valeur n’est pas une science exacte, mais le résultat d’une certaine collusion entre professionnels]. Inutile de ramener sa fraise avec les objets en argent, en cuivre… pourtant tellement recherchés par les cambrioleurs. Impensable de passer du temps à nettoyer l’argenterie ou la bassine en cuivre dans laquelle votre grand-mère fabriquait la limonade… Allez ouste, c’est bon pour les vide-greniers (tiens ! mais au fait, qui achète cela une bouchée de pain ? des philanthropes, évidemment). Ne proposez pas les jolies nappes brodées à vos filles, elles ricanent. Quant aux livres, ça ne vaut rien, la collection des Balzac ? Un directeur de médiathèque m’explique que ça prend trop de place : Balzac ? Faut compter un mètre de rayonnage et ça ne sort jamais ! Du passé faisons table rase

Le monde va changer de base […] du passé faisons table rase… Ce sont les paroles de l’Internationale… En fin de compte, les trotskystes sont exaucés…

09:30 Écrit par Claudine dans bizarreries, Ce qui ne me plaît pas, discussion, traditions, folkore | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |

11 juin 2014

Peut-on le croire ?

Dans un petit coin du Monde des Livres, à propos du Salon du Livre de Paris,

cet entrefilet...

édition, imposture, farenheit

Ne serait-il pas plus intelligent de donner les livres aux bibliothèques associatives, à la fin du salon ? Quel irrespect de l'écrivain (qu'on a nonobstant publié), des lecteurs et des associations culturelles... 

11:06 Écrit par Claudine dans association, Ce qui ne me plaît pas, littérature, Livre, Loisirs, salons et dédicaces | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |

17 avril 2014

e-book ou papier? that's the bad question...

Dans les deux cas, the bad answer.

e-book, livre papier, liseuse, epubPerso, j'aime les deux, et vous?

 

 

 

Inutile de s'étriper sur ce sujet...

C'est comme le réchauffement de la planète, la gauche et la droite, les chrétiens et les musulmans... c'est toujours le besoin d'avoir raison, une histoire de cerveau reptilien, de pouvoir... y a jamais quelqu'un qui a tort et l'autre qui a raison...

On ne vit  pas dans un western !